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Ce qu'il reste des vagues

Exposition, musée Henri Prades, site archéologique Lattara, Lattes, 2026
Aquarelles sur papier, vidéo, sons organisés (14 min.22 s), dispositif sonore enveloppant, performance 

 

Une création art-science réalisée en collaboration avec le géologue-paléontologue Laurent Londeix

La classe de composition et informatique musicale et le compositeur Christophe de Coudenhove

La classe de cor d’Olivier Brouard et Geoffroy Choquet

La classe d'orgue et l’organiste Luc Antonini du Conservatoire de musique de Montpellier.

 

Une œuvre créée dans le cadre du projet de recherche Viv’océan (Laboratoire de recherche MICA, Université Bordeaux Montaigne, Laboratoire EPOC, Université de Bordeaux)

Ecouter le son (14 min. 22s)

Que nous reste-t-il des vagues, de cette marée, de l’attraction de la Lune sur cet Océan en mouvement, là, juste là, il y a des millions d’années ?

C’est cette question que Stéphanie Sagot a posée au géologue et paléontologue Laurent Londeix. Ce dernier lui a répondu par l’analyse d’un bloc rocheux qu’il a extrait d’une falaise de la Morelière, située à Saint-Denis d’Oléron, sur la pointe nord de l’île, dans l’Océan Atlantique, à proximité de la ferme ostréicole où a grandi l’artiste. Il nous apprend à lire la mémoire des marées inscrite dans l’épaisseur minérale, qui porte en elle les traces d’une constante métamorphose.

Ainsi, dans ce bloc de calcaire marneux à lamines datant du Jurassique terminal, il y a environ 150 millions d’années, les caractéristiques minéralogiques, granulométriques, paléontologiques et structurelles sont autant d’indices du milieu dans lequel les sédiments qui le constituent se sont déposés, entre chenaux et lagune. Les lamines rythmées traduisent l’influence furtive mais récurrente des marées et laissent également entrevoir des petites perturbations de forme témoignant de l’existence d’une vie fouisseuse.

En nous invitant à percevoir l’infini dans le détail du monde, Stéphanie Sagot propose une traduction visuelle et sonore de l’histoire de ces strates géologiques qui lui évoquent une partition. Élève au conservatoire de musique de Montpellier, elle y rencontre le compositeur et enseignant Christophe de Coudenhove et l’invite à créer un environnement musical à partir de cette analyse géologique, qu’il perçoit comme une dramaturgie de la Terre.

Le dispositif sonore, enveloppant, s’accompagne d’aquarelles disposées au sol, évoquant une fouille archéologique. Elles nous rappellent que le cosmos et toutes les formes d’existence, qu’elles soient géologiques ou animales, ne font qu’un. Les différents règnes y sont mis en relation, dans une continuité de matières, de formes et de cosmogonies.

L’extrait de roche analysé est disposé sur un socle sur lequel sont citées certaines mers de la Lune. Une flèche dessinée au feutre indique à la fois le sens de lecture et d’interprétation du géologue, et celui du temps qui se sédimente au gré des marées. Le tout se compose sous l’influence douce de l’astre qui anime le flux et le reflux de l’Océan.

L’œuvre invite à méditer. Elle tente de nous relier à ce temps immensément long, débordant nos perspectives humaines. Elle sensibilise à la géodiversité, où science expérimentale et art se nourrissent l’un l’autre, et où les vertus pédagogiques émergent de l’expérience même.

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