Galacté.e
Installation méditative co-créée avec Grégory Baptista, médecin et instructeur de méditation
Aquarelle sur papier diamètre 135 cm, 12 céramiques émaillées, son 12 min 10 s, 12 zafus, production Künstlerhaus Stuttgart, 2025

À travers une poétique d’une « médecine-monde », nous proposons une exploration des liens organiques et invisibles qui nous unissent, de l’atome à la galaxie et du lait à la Voie Lactée, une expérience contemplative d'espaces à habiter et à relier : son propre espace intérieur, l'espace de l'installation, l'espace entre les sons, et l'espace du cosmos.
Nous tissons un lien avec les écrits et les pratiques de soin par le chant de l’abbesse visionnaire Hildegarde de Binge qui a composé toute une symphonie céleste. Dans son codex illustré Liber divinorum operum (vers 1230), elle lie phénomènes cosmogoniques et physiologiques en pensant l’être humain dans son rapport au cosmos. Ces relations sont au fondement de la conception médiévale de la médecine, où vision, art et soin ne font qu’un. Son iconographie met en avant les mouvements des astres, surtout de la Lune, considérée comme la « mère de tous les temps », dont dépendent les cycles de vie des êtres vivants ainsi que des phénomènes naturels comme les marées et la procréation. Elle la désigne comme une mère qui nourrirait le temps avec son lait.
Le titre Galacté.e invite ici à un rapprochement entre la Voie Lactée et le Lait Nourricier, et suggère que ce qui nourrit le vivant sur notre planète contribue à la structure même de l’univers, et inversement. Les ramifications fertiles du mycélium dessinent un lien sentimental et symbolique entre l’organique et le cosmique, tandis que l’évocation du serpent, figure de transformation, suggère une circulation sensible et continue, un entrelacement discret entre les êtres.
Les coussins de méditation, accompagnant cette circularité de l’œuvre, encouragent à s’asseoir, s'arrêter et entrer dans une pratique de méditation, dite de pleine conscience — dont les bienfaits sur la santé physique et psychique sont aujourd’hui largement reconnus — tandis que la création sonore soutient l’attention et installe une atmosphère immersive.
L’œuvre s’inscrit dans une démarche transdisciplinaire, à la fois contemplative et soignante, artistique et scientifique, sensible et consciente.
Dans le cadre de l’exposition Voyage en Terres amoureuses de Stéphanie à la Künstlerhaus de Stuttgart, il et elle ont proposé une première activation méditative de cette œuvre pour développer une présence attentive à soi, aux autres, et plus largement au cosmos, afin de prendre soin de toutes, de tous et de tout.



